13 août 2014

La réalité des postdocs dans le journal Métro!

*** Article consultée sur le site du journal Métro le 11 aout 2014 à l’adresse suivante: http://journalmetro.com/plus/carrieres/536607/jai-mal-a-mon-diplome/ ***

J’ai mal à mon diplôme!
Par Catherine Martellini
10/08/2014

De trois à cinq années à poursuivre des études doctorales… puis plus rien, ou très peu. Seulement de 20% à 30% des détenteurs de doctorat réussissent à se tailler une place en milieu universitaire. Les autres doivent investir le milieu privé ou même commencer un autre programme doctoral.

Le nombre de titulaires de doctorat a connu une hausse de 13% au pays, selon un sondage auprès des stagiaires post­doctoraux canadiens réalisé récemment par l’organisme de recherche Mitacs. Cette hausse n’a toutefois pas été suivie par la création de plus de postes dans les universités.

L’âge moyen des postdoctorants est de 34 ans, selon ce sondage. De plus, comme ils terminent leurs études en milieu de vie, 33% d’entre eux ont des enfants à charge. Si on considère l’âge et les montants investis pour poursuivre des études postdoctorales, on pourrait s’attendre à ce qu’à la suite de l’obtention de leur diplôme ces personnes réussissent à obtenir rapidement un retour sur leur investissement.

Or, le salaire annuel brut moyen des postdoctorants est de moins de 45 000$, un chiffre bien en deçà des perspectives d’avenir que devraient offrir de telles études. Et c’est sans compter les avantages sociaux bien souvent inadéquats, comme l’inaccessibilité à l’assurance maladie ou à l’assurance dentaire de leur établissement.

Une majorité de postdoctorants aspirent à travailler comme professeur ou chercheur à la fin de leurs études. Pourtant, à peine 20% obtiennent un tel poste. Est-ce à dire que la formation ne prépare pas bien les titulaires de doctorat au secteur privé? Selon les résultats de l’étude de Mitacs, la formation comprend très rarement les compétences professionnelles requises pour percer à l’extérieur des établissements. Les programmes devraient offrir davantage de stages pour réussir à placer leurs docteurs.

Pour aider les gens à trouver d’autres utilités à leur doctorat, Mitacs offre des stages en partenariat avec l’entreprise privée. Les universités auraient tout à gagner à emboîter le pas à cet organisme et à présenter des perspectives qui contribueraient à améliorer l’insertion professionnelle.

Flou et mauvaises perceptions
Le sondage a également permis de constater qu’il existait une incohérence quant au statut administratif accordé aux postdoctorants. Ce flou joue sur le salaire et les avantages sociaux qu’ils obtiennent de ces établissements. Ils peuvent être considérés comme des étudiants, des stagiaires, des travailleurs autonomes ou des employés. Ce dernier statut est préféré par 75% des répondants, puisqu’il vient bien sûr avec de meilleures conditions de travail.

Le statut de doctorant peut aussi être perçu négativement pour des questions d’échelles salariales, comme dans les cégeps. Certains pourraient préférer embaucher des finissants ayant des diplômes de niveau inférieur.

L’avenir n’est pas tout noir pour les détenteurs de doctorat, mais des changements à leur milieu sont nécessaires pour éviter que leurs études soient vaines.

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